Le 15 janvier dernier, le gouverneur de la Banque de France a officialisé sa recommandation : le rendement du livret A passera à 1,5 % au 1er février 2026. Cette baisse marque une nouvelle étape dans la normalisation de l’épargne réglementée française après deux années exceptionnelles. Pour les épargnants, comprendre les mécanismes qui gouvernent cette évolution devient essentiel pour adapter leur stratégie de placements.
Évolution des taux depuis 2020
De 0,50 % à 3 %, puis retour à 1,50 % : le Livret A a traversé une période de volatilité inédite en six ans. Retour sur les grandes étapes de cette évolution et les mécanismes qui l’expliquent.
Historique des taux du livret A
Le livret A a connu une trajectoire remarquable depuis 2020. Parti d’un plancher historique de 0,50 % en février 2020, son taux a progressivement grimpé pour atteindre 3 % en février 2023, un niveau inédit depuis 2009. Cette hausse spectaculaire répondait à l’envolée des prix qui frappait alors l’économie française.

Le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) suit rigoureusement le même taux que le Livret A. Quant au LEP (Épargne Populaire), il a culminé à 6,10 % en 2023, offrant aux ménages éligibles une rémunération exceptionnelle. Le ministre des Finances a confirmé un coup de pouce maintenant le LEP à 2,5 % en février 2026, soit un point supérieur au Livret A.
| Date | Livret A / LDDS | LEP |
| Février 2020 | 0,50 % | 1,00 % |
| Février 2022 | 1,00 % | 2,20 % |
| Août 2022 | 2,00 % | 4,60 % |
| Février 2023 | 3,00 % | 6,10 % |
| Février 2025 | 2,40 % | 3,50 % |
| Août 2025 | 1,70 % | 2,70 % |
| Février 2026 | 1,50 % | 2,50 % |
Facteurs influençant les taux du livret A
La formule de calcul du taux du Livret A repose sur deux variables : le taux €STR (taux interbancaire de court terme) et l’inflation hors tabac. Le résultat correspond à la moyenne de ces deux indicateurs sur les six mois précédents, avec un plancher garanti de 0,50 %. La Banque de France effectue ce calcul deux fois par an, en janvier et en juillet.
Selon le communiqué de la Banque de France du 15 janvier 2026, la moyenne semestrielle de l’IPC hors tabac s’établit à 0,88 % et le taux €STR moyen à 1,93 % de juillet à décembre 2025, conduisant à un taux théorique de 1,4 % arrondi à 1,5 %.
Prévisions pour le livret A en 2026
Avec une inflation maîtrisée et des taux directeurs en repli, le contexte macroéconomique dessine les contours d’une épargne réglementée durablement modérée. Décryptage des tendances à surveiller.
Analyse des tendances économiques
Le taux livret a 2026 reflète la stabilisation de l’économie française. L’inflation en décembre 2025 s’établissait à seulement 0,8 %, un niveau qui contraste avec les 5,3 % enregistrés en 2022. Cette normalisation des prix permet aux épargnants de retrouver un rendement réel positif : leur pouvoir d’achat progresse désormais grâce à l’écart favorable entre taux du Livret et inflation.
La décision du gouverneur de limiter la baisse à 1,5 % (au lieu des 1,4 % résultant de la formule) vise à préserver l’attractivité de l’épargne réglementée. Cette mesure soutient également le financement du logement social et les investissements des collectivités locales, alimentés par les fonds collectés.
Impact de l’inflation sur le livret A

Le graphique ci-dessus illustre l’évolution comparée du taux du livret A et de l’inflation. Durant la période 2022-2023, le taux réel était négatif : l’inflation dépassait largement la rémunération servie. Depuis mi-2024, la situation s’est inversée. Au moment où le nouveau taux de 1,5 % entre en vigueur, l’inflation plafonne à 0,8 %, offrant un rendement réel proche de 0,7 point.
L’OAT 10 ans France, indicateur des conditions de financement de l’État, oscille autour de 3,5 % fin 2025. Ce niveau traduit les tensions persistantes sur la dette publique et influence indirectement l’ensemble des placements à intérêt garanti. Cet élément nous permet d’appréhender de manière simple le décalage entre la tendance économique et le coût de financement de la dette française.
Investissement épargne en 2026 : opportunités et défis
Un taux de 1,5 % suffit-il à faire fructifier votre patrimoine ? La réponse dépend de vos objectifs. Tour d’horizon des alternatives pour optimiser le rendement de vos actifs.
La baisse du taux du Livret A invite les épargnants à repenser l’allocation de leurs actifs. Si le Livret A et le LDDS restent des supports incontournables pour l’épargne de précaution (liquidité immédiate, capital garanti, exonération fiscale), leur rémunération décroissante pousse à diversifier vers d’autres véhicules pour dynamiser le rendement global.
L’assurance-vie, avec ses fonds en euros et unités de compte, constitue une alternative pertinente pour un horizon de placement plus long. Les contrats de capitalisation ou les SCPI permettent également de rechercher une performance supérieure, moyennant une prise de risque maîtrisée. Dans tous les cas, l’arbitrage doit tenir compte de votre situation personnelle, de vos revenus et de vos objectifs patrimoniaux.
Pour les dirigeants d’entreprise disposant d’une trésorerie excédentaire, des solutions spécifiques existent pour placer un excédent de trésorerie dans des conditions fiscales optimisées. Contrats de capitalisation, comptes-titres ou SCPI en démembrement offrent des perspectives de rendement souvent supérieures aux livrets réglementés.
Face à ces évolutions, faire appel à un conseiller en gestion de patrimoine permet d’établir une stratégie cohérente avec vos objectifs. L’analyse de votre situation, la diversification adaptée et le suivi régulier de vos placements constituent les piliers d’une gestion patrimoniale efficace.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, y compris de perte en capital.

